29 septembre : Les sciences de l’éducation et les médias : dialoguer dans l’espace public

Samedi 29 septembre 2018, Université Paris Nanterre

Participants :

Pascal BRESSOUX, Roland GOIGOUX, Philippe MEIRIEU, Olivier LAS VERGNAS

animé par

Catherine HALPERN, responsable du centre de ressources politique de la ville à Paris. Journaliste au magazine Sciences Humaines de 2003 à 2011, elle a également collaboré au cahier Livres de Libération et à Télérama.

Stéphanie RUBI, maitresse de conférences HDR en sciences de l’éducation à l’IUT Carrières Sociales de l’université Bordeaux Montaigne, membre du LAboratoire Cultures Education et Sociétés (LACES), chercheure associée à l’Observatoire Universitaire International Éducation et Prévention (OUIEP).

Synthèse de la matinée et mise en perspectives par Xavier PONS

 

Pascal BRESSOUX : Les demandes publique comme médiatique sont actuellement très fortes vis-à-vis de l’éducation, notamment du fait de résultats inquiétants : les enquêtes nationales et internationales mettent en lumière d’énormes inégalités, des performances en baisse, etc. Il faut dès lors se demander si cette tension, cette exigence nouvellement ressenties vis-à-vis des sde ne sont pas dues à l’effarement face aux performances décevantes de notre système éducatif et si elles ne sont donc pas plutôt le signe d’une attente formidable vis-à-vis des sde. Il faudra donc aussi interroger le fonctionnement des sde et leur capacité à répondre à ces enjeux.

Roland GOIGOUX : l’expérience personnelle de fréquentation des médias et l’exemple d’une question vive, l’enseignement de la lecture et ses effets (programmes, manuels, rôle du conseil scientifique de l’EN, disciplines contributrices, évaluations internationales,…) est l’occasion de réfléchir aux conditions facilitant le dialogue entre chercheurs et journalistes. Seront abordées la question des « données probantes » et celle du lobbying. Par ailleurs, quelle est la contribution des sciences de l’éducation dans le domaine de l’enseignement scolaire ? Plutôt que d’incriminer les journalistes, ne faut-il pas interroger l’état de notre discipline et sa capacité à produire des résultats ? Qu’est-ce qu’un résultat en sciences de l’éducation ?

Philippe MEIRIEU : Comment intervenir en échappant à la caricature ? Comment se situer dans les débats médiatiques qui n’ont pas toujours de « correspondance » avec le travail intellectuel et de recherche ? Comment distinguer les acquis de la recherche et les positions personnelles ? Comment prendre position sans pour autant engager la communauté des SE ou la mettre en porte-à-faux ?

Olivier LAS VERGNAS : La mobilisation d’outils d’analyse de traces permet d’évaluer et de relativiser le volume de requêtes google ou de tweets mentionnant par exemple le « pédagogisme ». Par ailleurs, les attentes exprimées par les journalistes généralistes vis-à-vis de sujets spécialisés, qu’ils soient objet de controverses publiques (l’orientation scolaire et professionnelle, l’apprentissage à 14 ans, le financement de la formation des adultes), de controverses plus confidentielles (la protection du ciel nocturne, l’exploration spatiale humaine) ou non (la vulgarisation ou le loisir astronomique) doivent nous permettre de réfléchir et d’échanger sur la façon d’y répondre. Enfin, sera soumise à la réflexion collective la mise en œuvre d’un observatoire des discours médiatiques sur l’éducation en lien avec les associations et école de journalistes pour rendre visibles les résultats des sde.

Synthèse de la matinée et perspectives :

Xavier PONS, maître de conférences HDR en sciences de l’éducation, université Paris est Créteil (UPEC, Espé de Créteil), chercheur au LIPHA Paris-Est).

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