novembre, 2019

21novTous les jours22La société inclusive à l’épreuve de l’interculturel : questions vives, terrains et pratiques - colloque international - Lirtes UPECCatégorie d'évènement:recherche

Détails de l'évènement

Porteurs du projet 

Mounir Hakima, MCF UPEC, LIRTES, amounir@u-pec.fr

Montandon Frédérique, MCF UPEC, LIRTES, frederique.montandon@u-pec.fr

Mbiatong Jérôme, MCF UPEC, LIRTES, jerome.mbiatong@u-pec.fr

Argoud Dominique, MCF UPEC, LIRTES, argoud@u-pec.fr

Villez Marion, MCF UPEC, LIRTES, marion.villez@u-pec.fr

 

La société inclusive à l’épreuve de l’interculturel : questions vives, terrains et pratiques.

Du jeudi 21 novembre au vendredi 22 novembre 2019

 

Lieu UPEC-Créteil : Site du Mail des Mèches, 94000 Créteil

 

Ce colloque international poursuit sur le terrain scientifique les réflexions engagées dans le cadre d’un projet européen MICEP qui a pour objectif de développer des réflexions originales et des outils innovants en matière de compréhensions et de compétences interculturelles dans le champ de l’intervention sociale et éducative.

Il y a bien longtemps que la diversité culturelle et les contacts interculturels sont devenus des réalités de la vie moderne pour lesquelles les compétences interculturelles sont considérées comme une réponse adéquate. Pourtant, on peut noter ces dernières années la recrudescence de phénomènes tels que le racisme, les sexismes, la xénophobie, l’antisémitisme, la discrimination religieuse, etc. qui, couplées à des phénomènes majeurs récents comme le terrorisme, les crises migratoires, mettent à l’épreuve le modèle de la diversité comme ressource. L’aspiration pour une société inclusive est devenue plus que criante. Plus que jamais de nombreuses voix s’élèvent pour souligner combien il est essentiel d’apprendre à forger véritablement un avenir commun pour l’humanité à tous les niveaux. Dans le même temps cet avenir commun semble improbable puisque l’hétérogénéité croissante est porteuse de multiples défis (Putnam, 2007).

Cette hétérogénéité concerne non seulement les différences entre les groupes ethniques et culturels, mais également les différences au sein de ces groupes (genre, catégorie socio-professionnelle, confessionnelle, diversité linguistique, etc). Vertovec (2006) a inventé le terme « super-diversité » pour faire référence à l’interaction complexe de l’ethnicité, de la religion, de la langue, des traditions ainsi que des valeurs et des pratiques culturelles. Les systèmes éducatifs, de santé et d’action sociale européens sont au centre de cette super-diversité. Par exemple, la qualité de la scolarisation des élèves issus de l’immigration, des minorités culturelles ou sociales aussi bien que la qualité de prise en charge des personnes dépendantes, comme l’accompagnement des personnes âgées dites dépendantes, dépend non seulement de leurs attitudes, de leur statut socio-économique et de leurs études antérieures, mais également de la qualité et de la réceptivité du système social, de la sensibilité, des compétences et des possibilités dont disposent les acteurs de ce système. En d’autres termes, la super-diversité est un défi pour les systèmes éducatifs et sociaux européens. Bien que célébrée dans de nombreuses instances, cette super-diversité pose de nombreux problèmes pour les pratiques et les compétences des professionnel-le-s, des chercheur-e-s voire des décideur-e-s. La super-diversité semble creuser les inégalités là où il est espéré qu’elle soit facteur de participation sociale, de développement des potentiels de chacun et l’élargissement des opportunités.

Le développement d’initiatives, incitations, recherches et dispositifs ces dernières années en faveurs d’une société inclusive a mis la lumière sur la nécessité de requestionner les enjeux et la fonction de l’interculturalité pour le bien vivre ensemble. Elle a des retentissements non seulement politiques et pratiques, mais également aux niveaux épistémologiques, conceptuel et méthodologiques. Il est clairement devenu urgent de s’attaquer aux inégalités et aux problèmes découlant de la diversité afin d’accroître la participation, l’intégration et le déploiement du potentiel humain. Ce colloque s’intéresse à ce défi et cherche à contribuer à la problématisation et l’examen des questions vives et débats, des terrains et des pratiques.

 

Quelles conditions créer pour que les citoyens dans leur diversité puissent vivre ensemble en respectant les règles communes nécessaires à ce vivre ensemble ? Comment faire en sorte que malgré des idéologies qui vont dans le sens contraire, voire nous proposent un retour en arrière, tous les citoyens puissent pleinement s’investir dans la vie démocratique ? L’éducation, la formation, les soins en santé et les interventions sociales sont à la fois des domaines et des facteurs clés pour améliorer la compréhension interculturelle, le sentiment d’appartenance à une communauté et promouvoir l’inclusion de tous les individus dans un même socle de valeurs (voir le Livre Blanc sur le Dialogue interculturel du Conseil de l’Europe, 2008).

 

La démarche interculturelle est une invitation à réfléchir et à penser  autrement le rapport à la diversité et à l’altérité. Elle prend en compte en permanence la dynamique et la complexité (en référence à la pensée complexe telle qu’étayée par Edgar Morin, 2000) des situations interculturelles. En France, la question de l’interculturel reste désormais associée aux questions de l’immigration, au processus de décolonisation, de l’intégration, des cultures, des identités culturelles.

 

Dans le cadre de ce colloque, l’interculturel renvoie d’emblée à l’altérité. Dans ce sens, il concerne non seulement l’Autre « porteur de cultures » au sens anthropologique, mais aussi l’autre, celui qui est « autre », différent par son âge, son genre, sa classe sociale, générationnelle et professionnelle, son handicap, etc. On pourrait même y ajouter l’idée que les places dissymétriques qui caractérisent bon nombre d’institutions (exemple : accompagnant/accompagné, agent de l’administration/administré, soignant/soigné) sont aussi porteuses de « différences interculturelles », sources d’incompréhensions, de malentendus, de conflits.

 

Les dynamiques dites « interculturelles » sont vécues à plusieurs échelles : dans les espaces privés, dans les différents milieux de vie et contextes de travail, à travers les interactions dans l’espace public et dans les institutions. Selon Abdallah-Pretceille (2011, 18) : «Les approches culturelles inspirées d’un modèle culturaliste ne tiennent pas assez compte du fait que la complexité actuelle du tissu social s’explique par des processus de métissage, de bricolage et d’acculturation réciproque ». Elles survalorisent la variable culturelle au détriment des autres, voire même ne voit « la culture » que « chez les autres », un peu à la manière du folklore et de l’ethnicité.

 

L’interculturel se laisse appréhender avec tout autant de difficultés ; l’enchevêtrement du social, du politique et du culturel et de l’idéologique en font un exercice périlleux. Le phénomène de la mondialisation offre à l’interculturel une vitrine médiatique au point que l’on peut se demander si l’on ne fait pas face à un « phénomène de mode » plutôt qu’à une réalité intrinsèque.

Ce colloque propose de mettre en débat les questions vives que soulève l’interculturalité, de l’examiner sur divers terrains et dans divers pratiques pour relever le défi du développement d’une société inclusive. L’approche sera pluridisciplinaire : les compétences interculturelles d’acteurs, de l’interculturel dans des champs divers (enseignement, formation, travail social, milieu médical, milieu de la gérontologie, administrations publiques, entreprises etc.). Peut-on construire des outils théoriques, méthodologiques et pratiques qui permettraient aux différents acteurs de l’interculturel d’accompagner les personnes en situation d’inter-culturalité ? L’ensemble de ce travail devrait soutenir la pratique et la politique de l’éducation et de l’intervention sociale.

Axes du colloque :

Axe 1 : les débats théoriques et recherches sur l’interculturel : de quoi parle-t-on exactement ? Quelles « différences » en relèvent, et lesquelles non, selon les courants de pensée ?

Axe2 : des expériences et des pratiques : quelles compétences interculturelles  pour une société inclusive ?

Axe 3 : les nouvelles configurations  de l’interculturel ?

 

 

Comité scientifique

Alaoui Driss (Professeur, Université de la Réunion, ICARE)

Argoud Dominique (UPEC-Lirtes)

Cossée Claire (UPEC-Lirtes)

Delory Momberger Christine (Professeur, Paris 13)

De Paor Cathal (Faculty of Education, Mary Immaculate College, University of Limerick, Ireland)

Laala Hakima (Maroc, université de Casanblanca)

Poinsot Marie (rédactrice en chef de la revue Hommes et Migrations et responsable du département éditions du Musée de l’histoire de l’immigration)

Krüger-Potratz Marianne (Münster, Allemagne)

Mbiatong Jérôme (UPEC-Lirtes)

Montandon Frédérique (UPEC-Lirtes)

Mounir Hakima UPEC-Lirtes (UPEC-Lirtes)

Nicolas Laura (UPEC, Didactique des langues et cultures)

Venet Michèle (Professeure, Faculté d’Éducation, Sherbrooke, Québec)

Villez Marion (UPEC-Lirtes)

 

Comité d’organisation

Argoud Dominique (MCF, UPEC-LIRTES)

Marcos Juan E. (Formateur Interculturel)

Mbiatong Jérôme (MCF, UPEC-LIRTES)

Montandon Frédérique (MCF, UPEC-LIRTES)

Mounir Hakima (MCF, UPEC-LIRTES)

Villez Marion (MCF, UPEC-LIRTES)

 

 

 

Propositions de communications

Les contributions peuvent prendre la forme suivante : communication de 20 minutes regroupées en ateliers thématiques.

Les propositions de communication seront envoyées en fichier Word et comprendront un titre, 5 mots clés et un résumé ne dépassant pas 2000 signes, bibliographie comprise. Elles seront attachées à un courriel spécifiant clairement les noms, prénoms, affiliations scientifiques et institutionnelles du ou des auteurs ainsi que le titre de la communication.

 

 

Echéancier

Début de publication d’appel à communication 10 mars 2019

Date limite de soumission des propositions : 30 juin 2019

Réponse du comité scientifique : 10 septembre 2019

Les communications, dans leur version définitive, seront à nouveau expertisées, après le colloque, pour donner lieu à une publication des actes.

 

Tarifs : 70 euros par personne

 

Les propositions doivent être adressées à l’adresse suivante : interculturel@micep.net

Temps

novembre 21 (Jeudi) - 22 (Vendredi)

Lieu

UPEC

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